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Bâtir un système de santé apprenant pour les Canadiens

Rapport du groupe de travail sur l’intelligence artificielle au service de la santé

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Résumé

Au printemps 2019, le CIFAR a réuni des leaders de l’IA et de l’innovation en santé des quatre coins du pays dans le cadre d’une table ronde visant à cerner es possibilités de faire progresser l’IA au service de la santé au Canada. Un large consensus s’est dégagé : seul un effort concerté pour tirer parti de l’écosystème de recherche en IA du Canada, le plus important du monde, et de son vaste fonds de données sur la population au sein du système de santé public permettrait au Canada de devenir un chef de file mondial en ce qui a trait au développement et à l’adoption d’approches en santé et en soins de santé fondées sur l’IA. Toutefois, il fallait agir rapidement. Les intervenants à la table ronde ont appuyé la création d’un groupe de travail chargé de formuler des recommandations en vue d’établir une stratégie nationale sur l’IA au service de la santé. 

Le groupe de travail, constitué par le CIFAR en septembre 2019, comprenait 17 leaders ayant des compétences diverses ainsi que 2 coprésidents. Le groupe de travail sur l’IA au service de la santé s’est efforcé d’harmoniser ses travaux avec les priorités et activités stratégiques fédérales et provinciales. Tout au long de ses travaux, il a été en contact étroit avec des représentants du ministère de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique du Canada et de Santé Canada. Il s’est également entretenu à plusieurs reprises avec des fonctionnaires des ministères de la Santé provinciaux et territoriaux pour s’assurer que ses perspectives et priorités étaient bien comprises. Le groupe de travail a échangé directement avec les parties prenantes de tous les secteurs et dans tout le pays pendant l’élaboration de ses recommandations. Le processus de consultation s’est conclu par une série de consultations publiques tenues à Toronto, à Montréal et à Edmonton ainsi que par un webinaire (janvier 2020), qui ont permis d’échanger des idées et d’obtenir des commentaires sur un ensemble de recommandations provisoires. 

Principales recommandations

Le Groupe de travail reconnaît que l’utilisation responsable de l’IA au service de la santé peut procurer des avantages notables aux Canadiens, et ce, de trois principales façons : 

  • Améliorer l’efficacité, l’efficience et la sécurité de la prestation des services de santé ;
  • Fournir des informations pour orienter la prévention des maladies et les politiques portant sur les déterminants plus larges de la santé de la population ;
  • Soutenir la découverte et le développement de nouveaux outils de diagnostic et de nouveaux traitements 

Afin de réaliser ces avantages, les gouvernements doivent agir d’urgence sur trois grands fronts.

  1. Mettre en place une infostructure de la santé qui donne un accès responsable aux données sur la santé tout en garantissant la sécurité des données et la protection de la vie privée

    Les types d’ensembles de données complets qui permettront d’optimiser les incidences de l’IA dans le domaine de la santé ne peuvent être créés sans un engagement public fort qui aidera à orienter les conditions de leur utilisation.   De façon générale, les membres du public et les patients doivent être considérés comme des partenaires actifs dans l’élaboration, la gouvernance et l’évaluation des politiques et stratégies d’IA au service de la santé. 

  2. Accélérer le développement d’applications d’IA au service de la santé sûres et performantes par les institutions publiques et les entreprises privées, ainsi que le déploiement de mesures incitatives qui favorisent les achats stratégiques et la mise à l’échelle responsable de ces applications au sein des systèmes de santé canadiens 

    Cela implique deux éléments qui se renforcent mutuellement. Le premier est le développement et l’approvisionnement intelligents en matière d’IA au sein des systèmes de santé publics du Canada. L’autre est un plan de commercialisation efficace, qui soutient la croissance des entreprises canadiennes en IA au service de la santé par un financement direct et indirect, des achats ciblés et un accès plus facile aux marchés internationaux. La réussite dans ces deux domaines dépend essentiellement de la mise en œuvre d’un ensemble de mesures incitatives appropriées.

  3. Veiller à ce que les plans fédéraux et provinciaux/territoriaux visant à faire progresser la santé numérique soient associés à une stratégie explicite en matière d’IA au service de la santé comportant des politiques, des investissements, des partenariats et des cadres réglementaires pertinents

    Une telle stratégie devrait viser à intensifier la recherche, à améliorer la prestation des soins de santé et l’élaboration des politiques de santé publique, et à faciliter le développement d’innovations évolutives en IA au service de la santé sous l’égide d’entreprises privées et d’institutions publiques. Sans cette harmonisation, les Canadiens ne pourront pas profiter pleinement des avantages pour la santé qu’offre une utilisation responsable de l’IA et, de façon plus générale, de l’apprentissage automatique.

D’autres recommandations relatives à ces trois domaines d’action se trouvent dans le rapport du groupe de travail. 

Ces recommandations visent à jeter les bases d’un effort national, coordonné et intégré afin d’aider le Canada à tirer pleinement parti des nouvelles technologies transformatrices qui sont issues de la recherche canadienne et dont le potentiel d’utilisation est largement reconnu aux quatre coins du monde par des personnes de tous les milieux. Laisser passer ces occasions pourrait nuire à la qualité et à l’efficacité de nos systèmes de santé, à la santé de nos collectivités et à la prospérité de la nation. Nous demandons au gouvernement du Canada et à tous les gouvernements provinciaux et territoriaux intéressés par la question de collaborer d’urgence à l’élaboration d’une stratégie en matière d’IA au service de la santé, mais aussi à la mise en œuvre de plans plus généraux visant à accélérer l’innovation dans le domaine des soins de santé numériques. 

Composition du groupe de travail sur l’IA au service de la santé

Tim Evans (coprésident), directeur et vice-doyen, École de santé des populations et de santé mondiale, et vice-principal adjoint (Politiques et innovation mondiales), Université McGill

David Naylor (coprésident), professeur de médecine et président émérite, Université de Toronto

Elissa Strome (responsable du CIFAR), vice-présidente adjointe, Recherche, et directrice exécutive, Stratégie pancanadienne en matière d’IA, CIFAR 

Alan Bernstein (membre d’office), président et chef de la direction du CIFAR ; premier président des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) 

David Dodge, conseiller principal, Bennet Jones LLP; ex-gouverneur de la Banque du Canada ; membre du conseil d’administration du CIFAR

Audrey Durand, titulaire d’une chaire en IA Canada-CIFAR, Mila ; professeure adjointe, Université Laval 

Anna Goldenberg, titulaire d’une chaire en IA Canada-CIFAR (programme Apprentissage automatique, apprentissage biologique) ; directrice de recherche adjointe en santé, Institut Vecteur ; chercheuse principale, Hôpital SickKids 

Randy Goebel, professeur, vice-recteur adjoint à la recherche et vice-recteur adjoint à l’enseignement, Université de l’Alberta 

Jordan Jacobs, cofondateur et associé directeur de Radical Ventures ; cofondateur de l’Institut Vecteur ; membre du conseil d’administration du CIFAR

Alexandre Le Bouthillier, cofondateur d’Imagia ; membre du conseil d’administration de Mila    

Ted McDonald, professeur d’économie et directeur de l’Institut de la recherche, des données et de la formation du Nouveau-Brunswick, Université du Nouveau-Brunswick

Kim McGrail, professeure, Université de Colombie-Britannique ; directrice scientifique, Population Data BC ; directrice scientifique, Réseau de recherche sur les données de santé du Canada

Gail Murphy, vice-présidente, Recherche et innovation, Université de la Colombie-Britannique

Alison Paprica, Réseau de recherche sur les données de santé Canada ; Université de Toronto 

Carole Piovesan, associée et cofondatrice, INQ Data Law 

Michael Strong, président, Instituts de recherche en santé du Canada

Robyn Tamblyn, directrice scientifique, Groupe de recherche en informatique clinique et de la santé, Université McGill