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Mère tigre et moi

by Kurt Kleiner avr. 29 / 14

Amy Chua, professeure de droit à l’Université Yale, a lancé une controverse avec son ouvrage Battle Hymn of the Tiger Mother, publié en 2011, où elle prône un style parental rempli d’exigences pour les enfants. De nouvelles recherches suggèrent que différentes hypothèses culturelles sur l’interdépendance et l’identité pourraient expliquer les opinions diverses sur l’ouvrage.

13-news-tiger-WPAEn fait, selon des recherches menées par Hazel Markus (Université Stanford), Associée au sein du programme Bien-être collectif, un même comportement maternel peut sembler démesurément critique et exigeant pour des enfants européo-américains, et encourageant et stimulant pour des enfants asiatico-américains.

« Il y a plusieurs façons efficaces d’élever des enfants », explique Markus. « Nous devons reconnaître qu’avec la diversité culturelle croissante, il y aura plusieurs bonnes façons de faire les choses.

Des recherches ont suggéré que le sentiment d’identité asiatico-américain souligne l’interdépendance avec les autres, alors que le sentiment d’identité européo-américain met l’accent sur l’indépendance. Pour voir comment cela se traduit dans les perceptions sur le parentage, Markus et son étudiante diplômée, Alyssa Fu, ont travaillé avec des étudiants d’une école secondaire locale fréquentée par des étudiants asiatico-américains et européo-américains.

Globalement, selon les recherches, ces deux groupes d’étudiants se sentent aimés et soutenus par leur mère. Mais ils n’ont pas la même perception des comportements qu’ils jugent encourageants.

En cas d’échec passé ou actuel, les étudiants perçoivent très différemment la pression exercée par leur mère. Pour un étudiant européo-américain, la pression exercée par la mère après un échec est perçue comme étant beaucoup trop critique et peu encourageante. Mais les étudiants asiatico-américains perçoivent cette pression comme un encouragement et une ressource supplémentaire dont ils peuvent tirer profit pour réussir.

Dans l’étude, on a demandé aux étudiants de résoudre un jeu de lettres difficile et on leur a ensuite dit qu’ils avaient obtenu une mauvaise note. Par la suite, ils ont reçu la consigne d’écrire quelques phrases sur eux ou sur leur mère. Les étudiants asiatico-américains qui ont réfléchi à leur mère étaient plus susceptibles de se sentir motivés à travailler plus fort la prochaine fois. Toutefois, après avoir réfléchi à leur mère, les étudiants européo-américains se sont sentis démotivés.

Selon Fu, des idées différentes quant à l’image de soi expliquent partiellement les résultats. Les Asiatico-américains sont plus susceptibles de percevoir leur image de soi comme étant interdépendante avec celle de leur mère et vivent la pression comme un mécanisme de soutien. Toutefois, comme les Européo-américains mettent l’accent sur l’individualité, la pression exercée par la mère est davantage perçue comme une critique.