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La maîtrise de soi à la maternelle est un indicateur de la réussite en première année

by Lindsay Olivet déc. 5 / 14

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Selon une nouvelle étude, les enfants incapables de rester tranquilles, d’écouter et de maîtriser leurs impulsions sont plus susceptibles d’avoir des relations conflictuelles avec leur professeur. Or une mauvaise relation entre un élève et son professeur peut être un indicateur d’un mauvais rendement scolaire en première année.

L’étude qui portait sur 338 enfants dans des écoles en Californie a aussi découvert que la situation inverse est vraie : les étudiants qui réussissent à maîtriser leur comportement, leur attention et leurs émotions — la capacité de maîtrise de soi — ont tendance à entretenir une relation proche et positive avec leur professeur et à participer davantage à la vie scolaire. À la fin de la première année, ils peuvent avoir de meilleures compétences en matière d’alphabétisme et de numératie.

Jelena Obradović (Université Stanford), ancienne de l’Académie mondiale de l’ICRA, et la conseillère Nancy Adler et le Boursier principal Thomas Boyce (tous deux de l’Université de la Californie à San Francisco) du programme Développement du cerveau et de l’enfant sont les coauteurs de l’article publié dans Child Development avec Parissa Ballard (Université de la Californie) et l’auteure principale Ximena Portilla (Université Stanford).

« Nous avons observé que l’inattention et l’impulsivité actuelles d’un enfant tendent à prédire des niveaux plus élevés de conflit avec les professeurs plus tard dans la vie », explique Obradović. « Le conflit peut être un indicateur d’un engagement scolaire moins important. »

À la maternelle, bien des enfants se retrouvent pour la première fois dans un environnement structuré en milieu institutionnel. Des recherches antérieures ont démontré que ces premières expériences, positives ou négatives, peuvent s’intérioriser pour la vie chez l’enfant et influencer son rendement académique. Il est donc essentiel de comprendre dès le départ ce qui favorise son engagement.

Pour mesurer l’engagement chez les enfants qui fréquentent la maternelle, il faut leur poser des questions pour voir à quel point ils aiment l’école, entre autres : sont-ils enjoués à l’école et s’intéressent-ils aux activités en classe? À l’aide de sondages destinés aux enseignants et aux parents, les chercheurs ont mesuré comment les premières expériences en classe touchaient les enfants pendant ces premiers mois et, plus tard, quand ils commençaient la première année.

Ils ont découvert que les enfants qui aimaient l’école à la fin de la maternelle étaient plus susceptibles d’avoir une relation solide avec leur professeur en première année. En outre, ils apprenaient plus facilement à lire et à compter. Selon les auteurs, l’étude indique que le perfectionnement professionnel des professeurs est essentiel pour les aider à tisser des relations positives avec les élèves, particulièrement ceux qui sont perturbateurs ou inattentifs.

« Nous pouvons former les professeurs pour qu’ils soient plus encourageants et sensibles envers ces enfants, même si ce sont ceux qui peuvent causer le plus de problèmes en classe », explique Obradović. Qui plus est, les écoles et les politiques doivent œuvrer à l’appui des professeurs par la création d’un environnement positif en classe, de dire les auteurs.

Toutefois, les résultats de l’étude indiquent aussi qu’un nouveau professeur peut présenter de nouvelles possibilités. Les écoliers qui s’entendaient mal avec leur professeur à la maternelle pourraient avoir une meilleure relation avec leur professeur de première année et cela nous donnerait une deuxième chance pour donner le goût à l’enfant d’apprendre.

Obradović explique qu’elle désire maintenant comprendre spécifiquement comment l’environnement en classe influence l’acquisition des compétences dont l’enfant a besoin pour se concentrer et maîtriser son comportement. Des chercheurs dans son laboratoire ont passé des centaines d’heures à étudier des salles de classe d’écoliers de troisième, quatrième et cinquième année dans le cadre de recherche dans le domaine.

Elle collabore aussi avec des collègues de l’Université Aga Khan à un projet de préparation à l’école avec des enfants au Pakistan où elle a voyagé pour la première fois quand elle était Chercheuse mondiale de l’ICRA.