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Entrevue : John Hepburn, nouveau vice-président, recherche, de l’ICRA

by CIFAR mai 5 / 16


En avril, l’ICRA a annoncé la nomination du Dr John W. Hepburn au poste de vice-président, recherche. Le Dr Hepburn se joint à l’ICRA de l’Université de la Colombie-Britannique, où il est vice-président, recherche et affaires internationales, ainsi que professeur aux départements de chimie, et de physique et d’astronomie. Il entrera en fonction en juin. Nouvelles et idées l’a interviewé.

Nouvelles et idées : Bienvenue à l’ICRA. Qu’est-ce qui vous a incité à vous joindre à nous?

John Hepburn : En premier lieu, l’ICRA vise à promouvoir la recherche aux frontières de la science et cela constitue un grand pôle d’attraction pour moi. L’ICRA aborde des questions d’importance mondiale et cerne les meilleures personnes pour s’y attaquer.

L’ICRA préconise les collaborations interdisciplinaires et internationales. Voilà autant d’éléments importants pour faire avancer l’entreprise de la recherche. L’ICRA dit « Travaillons ensemble, penchons-nous sur cette question de la plus haute importance, et nous verrons bien ce qui arrivera ».

L’ICRA s’engage aussi à garantir que les résultats émanant de ces exercices de profonde réflexion ont un impact important à l’extérieur de la communauté savante immédiate. L’ICRA élargit sa portée pour avoir un impact sur les politiques publiques ou la prochaine révolution technologique, par exemple. Selon moi, l’impact de la recherche qui est pertinent pour le domaine de recherche fait partie de l’excellence en recherche. Voilà ce à quoi l’ICRA travaille en ce moment et je trouve que c’est emballant.

N et I : Vous êtes originaire de l’Ontario?

JH : Oui, je viens de Hamilton. J’ai grandi en banlieue de Hamilton, à Ancaster. Ensuite, je suis allé à l’Université de Waterloo, après à l’Université de Toronto et finalement à l’Université de la Californie à Berkeley.

N et I : Parlez-moi un peu de vos recherches. Sur quoi vous penchez-vous?

JH : J’ai travaillé dans le domaine de la chimie laser, et de la physique atomique et moléculaire. Je travaille dans un domaine qui se trouve entre la chimie et la physique, appelé fort à propos la chimie physique. J’ai commencé par la dynamique chimique où j’ai étudié le mécanisme des réactions chimiques et, graduellement, je me suis tourné de plus en plus vers la physique atomique et moléculaire.

Mes recherches actuelles portent sur le contrôle cohérent qui vise à sonder les propriétés mécaniques quantiques détaillées de la matière. Mais les lasers constituent un fil conducteur dans toutes mes recherches et j’ai eu recours à une variété de technologies lasers différentes. Dans la dernière décennie, j’ai travaillé uniquement avec les lasers ultrarapides.

N et I : Pendant votre mandat à titre de vice-président, recherche et relations internationales, à l’Université de la Colombie-Britannique, vous avez piloté une véritable transformation de la recherche. J’aimerais bien que vous nous en parliez.

JH : Vous savez, c’est drôle, car les vice-présidents à la recherche, tout comme les recteurs, reçoivent toujours des félicitations pour les grandes réalisations de l’université, mais ce n’est pas vraiment à nous qu’on devrait donner le crédit. On joue bien un rôle dans tout cela, mais j’ai eu l’avantage de participer à l’entreprise de la recherche à l’Université de la Colombie-Britannique à un moment où les choses allaient de l’avant au Canada. Nous étions en mesure d’embaucher des professeurs exceptionnels. Mon travail se résumait à soutenir l’entreprise de la recherche. J’ai fait un assez bon travail, mais en vérité le succès de l’Université de la Colombie-Britannique s’explique par les réalisations de tous ses incroyables chercheurs.

N et I : Pourriez-vous me parler de votre expérience dans le domaine des collaborations internationales?

JH : À l’Université de la Colombie-Britannique, en tant que doyen et encore plus en tant que vice-président à la recherche, et particulièrement une fois qu’on m’a confié la responsabilité des affaires internationales, j’ai fait beaucoup de travail à l’étranger pour tisser des liens avec des partenaires éventuels. Le partenariat que l’ICRA connaîtrait le mieux est celui entre l’Institut de la matière quantique de l’Université de la Colombie-Britannique et l’Institut Max-Planck. Mon bureau et moi avons joué un rôle dans ce partenariat relativement aux négociations et à sa mise sur pied.

La collaboration internationale est l’une des caractéristiques de l’ICRA qui m’attire. La plus grande partie du financement de la recherche au Canada met l’accent sur des activités menées au Canada. Si vous désirez véritablement un groupe composé des meilleurs chercheurs, il faut inclure un pourcentage important de chercheurs étrangers. C’est essentiel pour l’entreprise de la recherche. Autrement, on se ferme trop au monde. La pire chose à faire dans n’importe quel domaine de recherche est d’imposer une limite géographique.

N et I : Quels sont les programmes de l’ICRA qui suscitent votre curiosité?

JH : Je dirais que ce sont ceux où mes connaissances sont limitées. À l’ICRA, les programmes en sciences sociales m’intéressent le plus, simplement parce qu’ils ne correspondent pas à mon domaine de recherche.

Évidemment, le programme Architecture moléculaire de la vie m’intéresse aussi beaucoup, car c’est un domaine qui m’est plus familier. Les programmes Matériaux quantiques et Informatique quantique correspondent quelque peu à mes propres intérêts de recherche. Ceux qui suscitent le plus ma curiosité et ceux que j’aurai le plus de mal à comprendre sont ceux qui sont très éloignés de mon domaine de recherche. J’ai hâte d’en savoir plus sur les 14 programmes.

N et I : Quels sont vos intérêts en dehors du travail?

JH : Il s’agit toujours d’une question dangereuse à poser à des universitaires, car ils doivent essayer de trouver une réponse qui intéressera les non-universitaires. Je suis un skieur sans aucun talent. Ce sport me plaît et j’essaie de le pratiquer sans me blesser. Comme je suis en Colombie-Britannique, je fais du ski, de la randonnée, mais pas aussi souvent que je le souhaiterais.

Et même si mon poste me fait beaucoup voyager, j’aime voyager.

Et l’une des choses que j’adore, c’est la lecture. J’aime lire des choses qui n’ont rien à voir avec mon domaine de recherche. Donc j’essaie toujours d’avoir un ou deux bouquins sur ma table de chevet et je lis avant de dormir.

N et I : Que lisez-vous en ce moment?

JH : Deux livres, comme d’habitude. Le premier s’intitule Purity, de Jonathan Franzen. Ça me plaît beaucoup. Le deuxième livre a été écrit par deux auteurs. L’un des deux est un de mes auteurs préférés, Etgar Keret, essayiste et humoriste israélien, et l’autre est un auteur palestinien, Samir El-Youssef. Le livre s’intitule Gaza Blues.