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Les ordinateurs reconnaissent des images mémorables

by CIFAR juin 14 / 16
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Pourquoi certaines images restent-elles gravées dans notre mémoire, alors que d’autres s’estompent rapidement? Pour trouver réponse à cette question, les chercheurs ont mis au point un réseau d’apprentissage profond.

Le programme informatique, mis au point par une équipe dirigée par Antonio Torralba (MIT), Boursier associé du programme Apprentissage automatique, apprentissage biologique de l’ICRA, a examiné des dizaines de milliers d’images dont la mémorabilité avait déjà été évaluée par des examinateurs humains. À l’aide de ces données, le réseau peut regarder une nouvelle image et prédire sa mémorabilité sur une échelle de zéro à dix. Et les prédictions du réseau sont aussi bonnes que celles des humains.

« Le réseau comprend la nature des éléments d’une image qui font que celle-ci est mémorable ou pas », dit Torralba.

Il dit qu’il a pu tirer des conclusions générales pour expliquer pourquoi certaines images se démarquent. Pour commencer, les visages : une image qui contient un visage humain aura très probablement une mémorabilité plus élevée qu’une image qui n’en a pas.

« Nous n’avons jamais montré au réseau comment détecter les visages », explique Torralba. « Mais le réseau s’est rendu compte que les visages sont mémorables. »

Le corps humain contribue aussi à la mémorabilité d’une image, mais avec une efficacité moindre. À l’autre extrémité du spectre se trouvent les paysages, particulièrement ceux avec beaucoup d’eau ou de ciel.

« Les paysages sont très ennuyeux », dit Torralba. « Quand vous montrez la photo d’un coucher de soleil, les gens vont dire que c’est magnifique, mais personne ne s’en souviendra plus tard. »

Il n’est peut-être pas surprenant que les humains réagissent aux images d’autres humains – après tout, l’Homo sapiens vit en groupes sociaux depuis l’aube de l’espèce. Mais Torralba croit qu’un autre principe est en jeu. Les gens inventent constamment des récits, dit-il. Il s’ensuit qu’une image qui suggère une histoire va davantage rester en mémoire qu’une image avec des éléments apparemment aléatoires. « Si vous pouvez raconter une histoire sur une image, vous avez plus de chances de vous en souvenir », explique-t-il. Et c’est probablement plus facile de construire des histoires sur des gens que sur des arbres et des lacs.

Ces recherches ont été présentées récemment à la Conférence internationale sur la vision artificielle.

Selon Torralba, ces recherches pourraient avoir un certain nombre d’applications. Des étudiants pourraient avoir plus de facilité à se souvenir du contenu d’un manuel, par exemple, si celui-ci contient des images mémorables. Et les auteurs et les éditeurs peuvent choisir des images mémorables pour la couverture de livres, alors que les publicitaires peuvent concevoir des images mémorables pour les publicités dans les revues et sur les panneaux publicitaires. Et quelle est la photo à choisir pour votre profil Facebook ou Tinder? Si vous voulez que les gens se souviennent de vous, il vaut mieux choisir un égoportrait plutôt qu’un coucher de soleil au Grand Canyon.