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Un biomarqueur éventuel pourrait prédire les troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale

by Marcia Kaye oct. 7 / 16
FetalAlcoholMethylation

Les enfants atteints de troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) sont souvent diagnostiqués seulement une fois rendus à l’âge scolaire, voire à l’adolescence, moment où les problèmes de comportement et d’apprentissage s’intensifient. Rendu là, la fenêtre d’intervention précoce est fermée depuis longtemps.

Toutefois, de nouvelles recherches par les boursiers de l’ICRA Michael Kobor et Megan Gunnar et collaborateurs laissent espérer que les TSAF pourraient être associés à un biomarqueur permettant de cerner les enfants vulnérables beaucoup plus tôt dans la vie.

Kobor est Boursier principal au sein du programme Développement du cerveau et de l’enfant de l’ICRA, professeur de génétique médicale à l’Université de la Colombie-Britannique (Vancouver) et chercheur à l’Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique. Gunnar est Boursière associée au sein du programme Développement du cerveau et de l’enfant et professeure de psychologie à l’Université du Minnesota.

L’équipe a analysé des échantillons d’ADN de plus de 200 enfants âgés de 5 à 18 ans. Environ la moitié des enfants ont reçu un diagnostic de TSAF ou avaient eu une exposition prénatale à l’alcool importante. L’autre moitié était des témoins.

L’équipe a trouvé des différences dans plus de 600 marques de méthylation individuelles entre les deux groupes et 41 sites comptaient les changements les plus importants. La méthylation de l’ADN correspond à une petite étiquette chimique qui réduit ou élimine l’expression d’un gène auquel elle est ajoutée.

« L’effet était assez important, à peu près du même ordre que ce que d’autres chercheurs ont signalé dans des études similaires sur l’autisme, dit Kobor. Il s’agit de la première étape vers la mise au point éventuelle d’un biomarqueur. »

TASF est une expression générique pour désigner un groupe de déficiences cognitives, physiques et comportementales chez les personnes dont la mère a consommé de l’alcool pendant la grossesse. Cela inclut le syndrome d’alcoolisation fœtale, l’état le plus grave; le syndrome d’alcoolisation fœtale partiel; et le trouble neurologique du développement lié à l’alcool.

Les effets les plus fréquents du TSAF mettent en jeu des problèmes associés à l’attention, à la parole, à la communication sociale, à la mémoire, à la coordination et à l’apprentissage, ainsi qu’un risque accru de dépression et d’anxiété.

Bien que le TSAF ne se guérisse pas, des résultats indiquent que des programmes d’intervention précoce, comme la modification du comportement, l’orthophonie, la formation parentale et les services sociaux sont utiles.

« On pourrait espérer que, si on a un enfant à risque, il serait possible de faire un test, disons à six mois. Le résultat pourrait démontrer, en association avec d’autres facteurs observables, que cet enfant est à risque de développer un TASF. Il serait alors possible d’aider l’enfant en ayant recours à des interventions et à des programmes ciblés. »

L’équipe est maintenant en train de reproduire l’étude avec une deuxième cohorte d’enfants. Kobor note que plusieurs des gènes associés aux changements des marques de méthylation ont aussi un rôle à jouer dans le développement cérébral.

« Ces travaux pourraient non seulement nous éclairer sur les biomarqueurs, mais aussi constituer un modèle pour mener d’autres études destinées à rehausser notre compréhension d’autres troubles neurologiques du développement chez l’enfant », dit-il.