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Découverte d’un nouveau protozoaire intestinal qui offre une protection contre les infections

by Kurt Kleiner nov. 17 / 16
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Une masse croissante de résultats démontre que l’écosystème de créatures microscopiques qui colonisent l’intestin mammalien a une influence majeure sur la santé. Mais on ignore encore presque tout du rôle des protozoaires — des organismes unicellulaires, comme les amibes.

Pour la première fois, les chercheurs viennent de découvrir un protozoaire qui vit en symbiose dans l’intestin et qui a un effet majeur sur le système immunitaire, avec des répercussions bénéfiques et néfastes pour l’hôte. Les résultats suggèrent que les protistes pourraient avoir un rôle important à jouer dans la santé intestinale.

L’étude a été publiée dans la revue Cell par une équipe de scientifiques des laboratoires de Miriam Merad, de l’École de médecine Icahn au Mount Sinai (New York), et de Michael Grigg, parasitologue moléculaire au National Institute of Allergy and Infectious Diseases, et par un boursier du programme Biodiversité microbienne intégrée de l’ICRA.

Le travail a commencé quand les chercheurs ont observé que les souris élevées dans leur animalerie présentaient une réponse immunologique complètement différente des souris de laboratoire venant d’un fournisseur. Leur organisme était mieux à même de lutter contre des infections causées par des bactéries pathogènes, y compris la salmonelle, à l’origine de toxi-infections alimentaires.

Après une analyse plus approfondie, les chercheurs ont découvert que l’intestin de ces souris avait été colonisé naturellement par un protiste jusqu’alors inconnu, un organisme unicellulaire flagellé qu’ils ont nommé Tritrichomonas musculis (T.mu).

Ils ont décrit T. mu comme un « antibiotique protiste » en raison de sa capacité à protéger les souris des bactéries néfastes. Les chercheurs ont démontré que lorsque T. mu colonise l’intestin des souris, il aide les cellules qui tapissent la muqueuse du colon à sécréter la cytokine IL-18 inflammatoire, une molécule qui encourage les réactions immunitaires dans l’intestin et augmente par le fait même sa capacité à lutter contre les bactéries néfastes.

Les autres types de bactéries présentent dans l’intestin des souris n’ont pas semblé influencer la modulation du système immunitaire par T. mu.

Chez les souris en santé, le protiste coexiste pacifiquement sans nuire à l’hôte. Toutefois, les chercheurs ont aussi découvert que T. mu pouvait avoir un effet négatif dans certaines circonstances. La stimulation de la réaction inflammatoire déclenchée par T. mu peut subséquemment accroître la sensibilité des souris aux effets dommageables de l’inflammation lors de divers états pathologiques, comme la maladie intestinale inflammatoire, la colite et le développement de tumeurs.