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Le coût professionnel d’être une femme célibataire

by Eva Voinigescu avr. 13 / 17
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Selon une nouvelle étude, les femmes célibataires diront avoir moins d’ambitions professionnelles quand un éventuel compagnon de vie pourrait entendre leurs propos que lorsqu’elles pensent que leurs propos demeureront confidentiels. Ces recherches pourraient expliquer la persistance d’écarts entre les sexes au travail.

Dans cette étude, les femmes célibataires ont signalé vouloir un salaire plus bas, travailler moins et moins voyager lorsqu’elles pensaient que leurs réponses seraient révélées à des collègues de classe que lorsqu’on leur avait dit que leurs réponses demeureraient confidentielles. Les hommes et les femmes mariées ont donné les mêmes réponses en public et en privé.

Ces résultats sont présentés dans un nouvel article de travail réalisé par Thomas Fujiwara (Université Princeton), boursier associé au sein du programme Institutions, organisations et croissance de l’ICRA, et ses collègues Amanda Pallais et Leonardo Bursztyn.

« L’ampleur des résultats m’a étonné », dit Fujiwara. Bien que ses collègues chercheurs et lui ont anticipé que les femmes célibataires répondent différemment en public et en privé, il ne s’attendait pas à des réponses si différentes.

Les chercheurs ont sondé des étudiants nouvellement admis à un prestigieux programme de MBA quant à leurs préférences en matière d’emploi et à leurs traits de personnalité. Les étudiants ont rempli un questionnaire lors de leur premier cours d’orientation professionnelle de la session que le centre de carrière utilise pour attribuer les stages. Certains étudiants ont reçu un questionnaire qui disait que des données anonymes seraient partagées en classe, alors que les autres ont reçu le même questionnaire disant que « vos » réponses seraient partagées en classe.

Quand elles pensaient que leurs réponses seraient partagées avec leurs pairs, les femmes célibataires ont demandé 18 000 dollars de moins par année que les femmes non célibataires, et disaient vouloir voyager sept jours de moins par mois et travailler quatre heures de moins par semaine. Ces différences ne figuraient pas dans le questionnaire privé, et les réponses des hommes et des femmes non célibataires étaient les mêmes qu’il y ait confidentialité ou pas. 

Même si les chercheurs tenaient compte de facteurs comme l’âge ou l’expérience professionnelle — qui pourraient expliquer pourquoi les femmes non célibataires étaient plus susceptibles de demander un salaire plus élevé ou d’être plus confiantes sur le plan professionnel —, les femmes célibataires affichaient néanmoins une tendance statistiquement significative à minimiser leurs ambitions professionnelles. En outre, elles participaient moins en classe que les hommes ou les femmes célibataires.

Fujiwara et ses collègues ont ensuite réalisé une expérience supplémentaire où ils ont demandé aux étudiants de choisir parmi des emplois hypothétiques et de partager leurs choix avec le groupe dans la classe d’orientation professionnelle. Les emplois qui correspondaient à une plus grande ambition exigeaient plus de déplacements et de plus longues semaines de travail, mais offraient un salaire plus élevé et promettaient des promotions plus rapides pour devenir associés. Quand on a demandé aux femmes célibataires de parler de leur choix d’emploi avec un groupe de pairs masculins, elles étaient plus susceptibles de choisir un poste associé à moins d’ambition que lorsqu’elles parlaient avec des femmes.

Bien que les chercheurs n’aient pas analysé les fondements psychologiques des résultats, Fujiwara dit qu’ils souhaiteraient explorer si les croyances des femmes sont justes relativement aux traits de personnalité que les hommes recherchent chez une partenaire éventuelle. Une étude de 2006 portant sur des diplômés de l’Université Columbia a révélé que les hommes ne voulaient pas une partenaire qui affiche plus d’ambition qu’eux.

Fujiwara dit que les chercheurs veulent explorer comment atténuer les effets de ce phénomène en classe et au travail.