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Le gouvernement du Canada renouvelle et bonifie son soutien à l’ICRA, et investit 125 millions de dollars au profit de la Stratégie pancanadienne en matière d’intelligence artificielle de l’ICRA

by Alan Bernstein avr. 13 / 17
Dans le budget fédéral, déposé le mois dernier, l’ICRA a reçu deux bonnes nouvelles.

Alan BernsteinPremièrement, Ottawa renouvelait et augmentait son soutien à l’ICRA de 25 millions à 35 millions de dollars sur cinq ans (la première augmentation en quinze ans). Deuxièmement, le gouvernement a annoncé qu’il investirait 125 millions de dollars dans une Stratégie pancanadienne en matière d’intelligence artificielle (IA) que l’ICRA élaborera et mettra en œuvre. Il s’agit d’une décision clairvoyante qui vise à garantir que le Canada attire, forme et maintienne en poste de grands chercheurs en apprentissage profond, la forme la plus puissante d’IA, mise au point par Geoff Hinton, Membre distingué de l’ICRA, et ses collègues. De plus, la stratégie œuvrera à l’appui de la recherche et de la diffusion des politiques relativement à la transformation de l’économie et du marché du travail qu’entraînera l’IA, et est conçue pour offrir un fondement solide à l’excellence en recherche pour que tous les Canadiens tirent profit de la révolution de l’IA.

La Stratégie pancanadienne en matière d’IA est une conséquence directe des valeurs fondamentales qui constituent les assises de l’approche de l’ICRA à la recherche et aux activités savantes : des percées voient le jour quand on encourage des personnes exceptionnelles, de toute origine géographique et disciplinaire, à se réunir pour exprimer leurs intérêts et leurs passions, et à poser des questions fondamentales sur les enjeux les plus difficiles et complexes de notre époque. 

L’ICRA a embauché Geoff Hinton au Canada en 1980, car Fraser Mustard, le premier président de l’ICRA, avait reconnu son talent scientifique exceptionnel. Plusieurs années plus tard, l’ICRA a mis sur pied un nouveau programme dirigé par Hinton dont l’objectif était d’essayer d’entraîner les ordinateurs à « apprendre » en se basant vaguement sur notre compréhension des mécanismes d’apprentissage du cerveau. Ces efforts ont mené à une grande percée, l’apprentissage profond. Aujourd’hui, l’apprentissage profond et les techniques d’apprentissage automatique connexes ont révolutionné l’IA. Les applications de l’apprentissage profond sont maintenant présentes dans un vaste éventail de domaines, notamment : voitures intelligentes, diagnostic médical, agriculture, finances, science. Et les membres du programme Apprentissage automatique, apprentissage biologique de l’ICRA, maintenant sous la codirection de deux autres vedettes de l’IA, Yoshua Bengio (Université de Montréal) et Yann LeCun (Université de New York et Facebook), occupent des postes de conseillers principaux ou de directeurs en matière d’IA chez Google, Facebook, Baidu, Microsoft et Apple. Diverses sociétés de conseils estiment que la valeur du marché de l’IA se situe entre 40 et 70 milliards de dollars américains.

Le leadership du Canada dans la science de l’IA illustre clairement l’importance d’investir dans la recherche fondamentale. Toutefois, nous savons que même si l’excellence en science fondamentale est fréquemment un prérequis nécessaire à l’innovation, cela en soi ne suffit pas. Des entreprises établies, ainsi que de jeunes entreprises et des entreprises en croissance, doivent fournir l’élan qui transforme les bonnes idées en produits que désire le marché. Il est encourageant de voir avec quel enthousiasme des entreprises, des sociétés de capital-risque, des fonds de retraite et d’autres sont prêts à investir en IA. De plus, les stagiaires canadiens affichent un esprit d’entreprise qui manquait auparavant au pays. Dans les deux semaines qui ont suivi l’annonce de l’investissement de 125 millions de dollars du gouvernement fédéral, les provinces de l’Ontario et du Québec ont annoncé qu’elles fourniraient 50 millions de dollars et 100 millions de dollars, respectivement, en plus des fonds fédéraux et du secteur privé qui totalisent près de plus de 100 millions de dollars au profit d’instituts d’IA à Montréal et à Toronto. J’espère que l’Alberta suivra sous peu.

Cet enthousiasme des deux paliers de gouvernement et du secteur privé se fonde sur la conviction que l’IA promet d’être une technologie véritablement transformatrice, dans la même mesure que le moteur à combustion interne et la puce de silicium. L’IA donnera lieu à de nouvelles entreprises, améliorera l’efficacité d’entreprises existantes et révolutionnera les services gouvernementaux, le transport, les soins de santé et tous les autres secteurs de l’économie.

Le financement accordé à la Stratégie pancanadienne servira à soutenir trois centres de recherche en IA – un à Edmonton, un à Montréal et un autre, à Toronto, dont on vient tout juste de faire l’annonce, l’Institut Vector. Ces fonds permettront aussi la mise sur pied de chaires de recherche en IA ICRA-Canada, augmentera le nombre de diplômés étudiant en IA, élargira les écoles d’été et d’hiver de l’ICRA en IA, et financera des recherches sur les répercussions sociétales de la science de l’IA.

Les lecteurs qui connaissent l’ICRA reconnaîtront que la Stratégie pancanadienne en matière d’IA nous transporte dans un nouveau territoire en tant qu’organisation où notre rôle historique dans le paysage mondial de la recherche a maintenant changé et va plus loin que de mettre en lien des chercheurs du monde entier. Mais comme le conseil d’administration de l’ICRA l’a exprimé à sa réunion de février, l’essence de la Stratégie en matière d’IA correspond à ce que nous avons toujours fait : cerner des chercheurs exceptionnels, former la prochaine génération de scientifiques et de chercheurs, et garantir que les nouvelles connaissances créées par nos membres – et maintenant nos titulaires de chaires – puissent se retrouver entre les mains des personnes aptes à les exploiter le plus efficacement possible.

Le budget de 2017 compte aussi une augmentation de 10 millions de dollars de notre subvention quinquennale d’Ottawa. Cette augmentation importante nous permettra de lancer un nouveau programme d’ateliers pour explorer de nouvelles idées et encourager de nouvelles discussions au sein d’un groupe encore plus grand de chercheurs exceptionnels, et d’élargir notre programme pilote Fonds catalyseur qui finance des projets collaboratifs à risque élevé et à fort impact entre deux boursiers de l’ICRA ou plus. Et nous continuons à recevoir le soutien des gouvernements provinciaux de l’Ontario et de la Colombie-Britannique et nous apprécions le soutien reçu du secteur privé, y compris des dons récents de la Fondation Azrieli et du Fonds de recherche Brain Canada. Ce soutien du secteur privé constitue une part importante de notre financement et je suis reconnaissant de la confiance que nos donateurs nous témoignent.

En résumé, le budget fédéral témoigne de l’importance qu’accorde le gouvernement du Canada à l’excellence en recherche aux plus hauts niveaux, et illustre que la recherche de qualité est le moteur qui alimente l’innovation et qu’il est important de mettre en lien des chercheurs du Canada et du monde entier pour se pencher sur certaines des plus grandes questions de notre époque. Il est clair que la philosophie de l’ICRA et du gouvernement canadien se rejoignent parfaitement.