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Le Canada peut être un chef de file de l’énergie propre

by Alan Bernstein sept. 18 / 17

Plus tôt cette semaine, j’étais à Mexico à l’atelier « Innovation en matériaux énergétiques » dans le cadre de l’initiative mondiale Mission Innovation (MI) regroupant 22 pays et l’Union européenne dont l’objectif est d’accélérer la recherche et l’innovation dans le domaine de l’énergie propre.

Alan BernsteinL’atelier a été parrainé par le ministère de l’Énergie du Mexique (SENER) et par le ministère de l’Énergie des États-Unis, en partenariat avec l’ICRA. Coprésidé par Alán Asparu-Guzik, Boursier principal au sein du programme Énergie solaire bioinspirée, l’atelier a réuni des scientifiques du monde entier, y compris de nombreux boursiers de l’ICRA, issus de domaines aussi variés que la chimie et l’intelligence artificielle, afin de discuter de méthodes novatrices pour découvrir de nouveaux matériaux destinés à l’exploitation et à l’entreposage de l’énergie. Le grand objectif est de combiner les initiatives de recherche individuelles pour créer une initiative mondiale en matière d’innovation en matériaux.

Je suis ravi que l’ICRA ait pu contribuer au travail important de la Mission Innovation. L’ICRA et la MI ont des buts communs et l’importance que nous accordons à l’excellence, à la participation mondiale et à l’étude de questions complexes constitue la meilleure stratégie pour créer les technologies transformatrices dont nous avons besoin pour nous attaquer au problème de la demande énergétique croissante à l’échelle mondiale.

La MI a été créée à la Conférence de Paris sur le climat (COP21) où la plupart des pays du monde ont convenu de diminuer l’augmentation de la température de la planète à moins de 2oC. Les pays qui composent la MI reconnaissent que l’atteinte de cet objectif ambitieux ne sera possible que par une intensification de la recherche et du développement, et l’initiative vise à doubler les fonds au profit de la R. et D. dans le domaine des énergies renouvelables et à accélérer la collaboration entre les pays et leurs scientifiques. Les pays qui participent à la MI ont aussi convenu de partager des données, d’entreprendre des exercices de planification, d’explorer des mécanismes de recherche conjointe et d’accroissement des compétences, et de mobiliser le secteur privé.

L’augmentation des fonds publics destinés à la recherche, à la collaboration interdisciplinaire et au partage d’information est nécessaire pour créer l’énergie propre et abordable dont nous avons besoin pour maintenir la croissance économique et lutter contre les changements climatiques.

Je crois qu’avec son programme Énergie solaire bioinspirée, l’ICRA a montré la voie vers le genre d’initiatives de recherche à préconiser. Au fil de centaines de millions d’années d’évolution, les plantes et les algues ont compris comment utiliser efficacement l’abondante lumière solaire qui voyage jusqu’à la Terre. Ce phénomène s’appelle la photosynthèse. Et la photosynthèse est légère (pensez à une feuille), réparable et fonctionne avec fiabilité sous l’eau et sur terre. Le programme Énergie solaire bioinspirée de l’ICRA réunit un groupe remarquable de chimistes, de physiciens, d’ingénieurs, de spécialistes de l’IA, de biologistes des structures et de spécialistes de la photosynthèse provenant de sept pays qui travaillent ensemble pour comprendre la photosynthèse et qui utilisent des méthodes extrêmement différentes pour mettre au point de nouveaux matériaux pour le stockage et l’exploitation de l’énergie.  

L’objectif de ce programme de l’ICRA n’est pas de réaliser des améliorations progressives sur le plan des technologies actuelles. Son objectif est plutôt de mettre au point une nouvelle science transformatrice qui changera complètement la façon dont nous exploitons et stockons l’énergie solaire. Si nous voulons réussir à répondre à la demande énergétique croissante des pays en développement et mettre un terme à l’inégalité énergétique entre les pays développés et en développement, il nous faut viser la lune. Et seul le gouvernement est en mesure de financer des projets d’une telle envergure et d’une telle audace.

Vu les événements politiques récents aux États-Unis et au Royaume-Uni, il me semble urgent pour le Canada d’intervenir et de tirer profit de l’occasion pour devenir le champion d’une initiative mondiale. En tant que pays avec une communauté de recherche fondamentale solide, le Canada a l’occasion et la responsabilité – particulièrement vu le retrait des États-Unis du dossier des changements climatiques – d’apporter son soutien aux recherches qui pourraient transformer l’exploitation et le stockage de l’énergie. La science des énergies renouvelables mise sur des domaines scientifiques – comme l’IA, la chimie et la biologie – où le Canada est un chef de file reconnu. Elle mise aussi sur la reconnaissance croissante du Canada à titre de société du savoir où la diversité, l’équité, les résultats probants et le souci du bien commun sont des piliers.

Le premier ministre Trudeau a dit maintes fois que le développement économique et la lutte contre les changements climatiques ne sont pas mutuellement exclusifs. Je suis d’accord. Et c’est grâce à la recherche et à l’innovation que nous pourrons jeter un pont entre les deux.