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Entretien : Blake Richards, Boursier associé de l’ICRA

by Juanita Bawagan
nov. 15 / 17
Blake Richards est neurobiologiste, Boursier associé au sein du programme Apprentissage automatique, apprentissage biologique de l’ICRA et professeur adjoint au département de sciences biologiques de l’Université de Toronto à Scarborough.

LMB_BlakeRichardsQue signifie être boursier de l’ICRA?

Pour moi, avant tout, ça veut dire que je fais partie d’un réseau de chercheurs qui manifestent un intérêt similaire pour ce type de recherche interdisciplinaire où sont réunies l’informatique et la neuroscience. Ce n’est pas comme ça partout.

Ma participation à ces réunions me permet d’interagir avec des spécialistes de l’IA et, ce faisant, je peux accroître mon influence et réfléchir au fonctionnement du cerveau d’une perspective que je ne retrouve pas à des réunions régulières en neuroscience.   

En quoi les réunions des programmes de l’ICRA sont-elles différentes?

Lors des réunions traditionnelles en neuroscience, la plupart des participants sont des biologistes. Et cela n’est pas une mauvaise chose. Mais si une personne se limite seulement à la biologie, elle n’aura pas la perspective nécessaire pour saisir, sur le plan mathématique, la complexité du cerveau ni la capacité de créer les algorithmes qui ont mené à l’intelligence animale ou humaine.  

Je suppose que les autres programmes de l’ICRA permettraient aux participants de voir un problème ou un sujet d’étude dans une lumière différente de ce que pourrait offrir une conférence standard.

Comment votre programme de l’ICRA contribue-t-il à vos recherches?

En plus de l’influence des membres du programme, ce sont en partie mes interactions lors d’autres réunions de l’ICRA qui ont contribué à définir une partie de ma réflexion quant à la façon d’aborder de nouvelles idées et, encore plus important, de procéder à un suivi.

Les interactions lors des réunions du programme Apprentissage automatique, apprentissage biologique sont exceptionnelles, car elles permettent de parler de nos idées avec des neuroscientifiques et des spécialistes de l’intelligence artificielle.

Un autre avantage, c’est un peu d’argent, dans un cadre souple. À titre de boursier, j’ai un peu plus de marge de manœuvre en matière de financement, car je peux choisir d’accepter un étudiant pour un projet ponctuel qui ne cadre pas dans mes subventions régulières et je sais aussi que si nous souhaitons vraiment explorer une question, c’est possible. 

Par exemple, il y a des questions de recherche qui m’intéresse et qui intéresse certains de mes collègues, comme Joel Zylberberg, Chercheur mondial ICRA-Azrieli. Nous nous sommes rencontrés lors d’une réunion de l’ICRA, nous avons beaucoup discuté et avons émis des idées sur la façon de mesurer expérimentalement des algorithmes d’apprentissage du cerveau. Nous voulions obtenir une subvention pour réaliser ces travaux, mais c’est difficile. Il y a beaucoup d’organismes subventionnaires qui sont difficiles à convaincre, car l’interdisciplinarité n’est pas en adéquation avec le dogme standard. L’ICRA nous a octroyé une subvention Catalyseur.

De façon générale, il est possible de se tourner vers l’ICRA et de dire : « Écoutez, nous avons cette idée avant-gardiste. Pourriez-vous nous aider un peu, simplement pour obtenir les données préliminaires qui nous permettraient ensuite de faire une demande de subvention à d’autres institutions? » C’est très utile.

Qu’est-ce qui s’est révélé étonnant, inattendu ou différent dans le fait d’être un Boursier de l’ICRA?

J’ai été étonné de voir le grand nombre de personnes qui, comme moi, souhaite réunir la théorie de l’IA et la neuroscience. Voilà pourquoi ce programme est si fantastique.

L’autre chose étonnante est la façon dont l’ICRA structure ses exigences de rapport. Nous ne sommes pas inondés de tâches administratives. Nous soumettons notre rapport annuel et il n’y a pas trop de paperasse, ce qui est une agréable surprise.