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Des institutions solides réduisent le favoritisme intragroupe

by Lindsay Jolivet mai 2 / 14
Selon une nouvelle étude à paraître dans la revue Human Nature, des institutions sociales et politiques inefficaces ont pour effet d’accroître la probabilité que les gens favorisent leur famille et leur propre groupe social local, alors que de bonnes institutions les inciteront à adopter des règles impersonnelles équitables pour tous.

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Des institutions sociales et politiques efficace peuvent inciter les gens à adopter des règles impersonnelles équitables pour tous. Photo: iStock

Une série d’expériences a révélé que les gens vivant dans une société où ils jouissent de services gouvernementaux de soutien, de la sécurité alimentaire et d’institutions qui répondent à leurs besoins de base étaient plus susceptibles d’adopter des règles impartiales quand venait le temps de faire un don. Par opposition, les gens dans des sociétés sans institutions efficaces et fiables faisaient preuve de favoritisme à l’égard des membres de leur communauté locale.

« Si le gouvernement fonctionne mal, les gens ont besoin de ce type de motivations, car ils font alors ce qu’il y a de mieux pour leur groupe et leur communauté locale », explique le Boursier principal de l’ICRA Joseph Henrich (Université de la Colombie-Britannique), coauteur principal de l’étude.

« Vous essayez tout simplement de survivre dans un monde où il n’y a pas de grandes institutions gouvernementales fiables », ajoute Henrich, membre du programme Institutions, organisations et croissance.

L’étude menée au Bangladesh, en Bolivie, à Fiji, en Chine, en Islande et aux États-Unis a étudié la motivation par l’entremise d’un jeu. Les chercheurs ont donné aux sujets le salaire d’une demi-journée en espèces qu’ils ont placé devant deux tasses. Ils ont dit aux sujets que l’argent déposé dans une tasse irait à un membre anonyme de leur communauté ou de leur groupe, alors que l’argent dans l’autre tasse irait à un étranger.

En jouant de façon équitable, le jeu fait en sorte que le montant dans chaque tasse est le même à la fin. Les chercheurs se sont assurés que les joueurs savaient que personne ne pouvaient les voir tricher pendant la partie. Toutefois, après la partie, l’analyse statistique a permis de détecter s’il y avait eu biais d’attribution ou « tricherie ».

Selon l’étude, les gens de pays dotés d’institutions efficaces ont respecté les règlements, alors que les gens provenant de pays avec de mauvaises institutions avaient un parti pris pour les membres de leur communauté.

Du gouvernement jugé le moins efficace, le Bangladesh, à celui jugé le plus efficace, les États-Unis, les participants ont affiché une diminution du favoritisme envers leur propre groupe. Dans un village du Bangladesh, les sujets ont attribué 55,7 pour cent de l’argent aux membres de leur village. Dans une église américaine, la congrégation s’est retrouvée avec une part de 50,1 pour cent.

« Dans un monde où les institutions fonctionnent bien, les gens assimilent la notion d’équité et cela influence leurs motivations de base, même dans une situation où personne ne peut les voir agir », explique Henrich.

Henrich dit que ces recherches sont conséquentes avec les thèmes du programme Institutions, organisations et croissance, car elles démontrent les effets sociaux et psychologiques complexes des institutions sur les sociétés.