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Les retraités qui font partie de groupes sont plus heureux et en meilleure santé

févr. 29 / 16

Une nouvelle étude suggère que la planification sociale en prévision de la retraite pourrait se révéler tout aussi importante que la planification financière.

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Un group de retraités discute les décorations dans leur résidence pour personnes âgées.
Image : Catherine Haslam

L’étude a suivi des retraités dans les années précédant et suivant leur départ à la retraite, et a découvert que ceux qui avaient maintenu leur appartenance à des groupes sociaux ou qui en avaient joint de nouveaux avaient signalé un niveau plus élevé de satisfaction dans la vie et présentaient un risque moindre de mort prématurée. Les groupes qui ont conféré une protection étaient de nature diverse, englobant toute une gamme d’organisations, de clubs ou de sociétés, y compris des équipes sportives, des clubs sociaux, des groupes culturels et des congrégations religieuses.

Alexander Haslam et Catherine Haslam, boursiers de l’ICRA, sont les coauteurs de l’étude publiée dans la revue BMJ Open, dont Niklas Steffens était le responsable et à laquelle ont aussi participé Tegan Cruwys et Jolanda Jetten, tous de l’Université du Queensland. Ils ont analysé les réponses au sondage de l’English Longitudinal Study of Ageing et ont découvert que la qualité de vie chutait de 10 pour cent chaque fois qu’un retraité perdait un groupe social après son départ à la retraite. Cet effet ne s’est pas manifesté chez un groupe similaire de personnes qui n’ont pas pris leur retraite.

« Les transitions de vie s’accompagnent d’incertitude », explique Catherine Haslam. « Nous savons que les gens s’adaptent mieux s’ils ont davantage de liens sociaux, mais ces liens vont vous aider à vous ajuster seulement s’il s’agit de liens importants. »

L’étude a aussi constaté une corrélation entre l’appartenance à des groupes et le risque de mourir dans les six premières années de la retraite. Les retraités qui appartenaient à deux groupes avant et après la retraite avaient deux pour cent de risque de mourir dans les six premières années. Quant à ceux qui ont perdu un groupe, le risque de mourir passait à cinq pour cent, et chez ceux qui ont perdu les deux groupes, le risque passait à 12 pour cent. À titre comparatif, les gens actifs qui ralentissent ou qui arrêtent l’exercice après la retraite ont le même risque plus élevé de mort prématurée.

Les chercheurs affirment qu’il faut changer la nature de la conversation sur la retraite afin que les personnes âgées entendent autre chose que des publicités sur les banques qui leur rappellent d’économiser suffisamment.

« En matière de retraite, on met l’accent sur la planification financière et il s’agit d’un élément important de la transition. Mais on n’accorde que très peu d’importance à la planification sociale et cela explique en grande partie les problèmes d’adaptation observés chez environ le tiers des retraités », dit Catherine Haslam.

Cela pourrait s’expliquer en partie par le fait qu’ils ne détiennent pas les compétences nécessaires pour créer les liens significatifs dont ils ont besoin ou peut-être qu’à cause de mauvais conseils ils ont pris des décisions qui les isolent sur le plan social, comme de déménager dans des contrées plus ensoleillées où ils ne connaissent personne.

Selon les chercheurs, il faudrait conseiller aux retraités de maintenir leurs liens ou de se joindre à de nouveaux groupes qui auront de l’importance pour eux. « Avoir un ami ne suffit probablement pas, il faut un groupe avec une panoplie d’activités, d’objectifs et d’événements organisés », ajoute Alexander Haslam.

Ceux qui travaillent encore devraient peut-être commencer à penser à leurs liens sociaux bien avant de partir à la retraite, particulièrement s’ils consacrent beaucoup d’énergie à leur profession.

« Je crois que les gens aujourd’hui sont probablement moins enclins à faire partie de plusieurs groupes, car leur travail est si prenant qu’ils ont beaucoup investi dans l’appartenance à ce seul groupe », dit Alexander Haslam. « Si vous avez mis tous vos œufs dans le même panier et que soudainement ce panier disparaît, vous allez avoir des problèmes. »

Il s’agit de la première étude d’une série de projets de recherche similaires auxquels participent des boursiers de l’ICRA, y compris Nyla Branscombe (Université du Kansas) et John Helliwell (Université de la Colombie-Britannique). Leurs recherches précédentes ont démontré que l’appartenance à des groupes améliore l’estime de soi plus que les amis seuls, améliore la santé et le sentiment de maîtrise de sa vie, et ralentit le déclin cognitif.

En outre, les chercheurs ont l’intention d’étudier des applications directes de ces résultats, comme la mise au point d’un bon plan social pour la retraite. À cet égard, Catherine Haslam dirige un nouveau projet – en collaboration avec Tegan Cruwys, Alexander Haslam et Genevieve Dingle – dans le cadre d’un programme en cinq phases, appelé Groups 4 Health, dont l’objectif est d’aider les gens qui sont tristes, seuls ou bien stressés et nerveux à tisser des réseaux de groupes sociaux.

Le premier essai de Groups 4 Health a été publié plus tôt ce mois-ci dans Journal of Affective Disorders. L’article signale que le programme a entraîné des améliorations significatives chez les participants en ce qui concerne la dépression, l’anxiété et le stress. « Nous croyons qu’il s’agit d’un développement extrêmement emballant », ont noté les auteurs, « et nous avons hâte de travailler avec l’ICRA pour faire passer ces recherches au niveau suivant. »